Pour marquer la Journée internationale de la fille 2018, un événement spécial mettant en avant l’éducation des filles a été organisé à l’UNESCO. « Des filles bien motivées et instruites peuvent faire tout atteindre » a déclaré Kadiatou, une jeune Guinéenne militante de 17 ans qui assumé symboliquement le rôle de la Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, pendant l’événement.

Un message mobilisateur

« Apprendre à s’emanciper » a été un message fort lancé par l’UNESCO cette année à l’occasion de la Journée internationale de la fille, avec un événement spécial qui a mis en avant les compétences requises pour donner aux filles les moyens sociaux et économiques de devenir les femmes de demain. Réunissant plus de 600 participants, cet événement a été marqué par une table ronde co-organisée par Plan International France et par la cérémonie de remise du Prix UNESCO pour l’éducation des filles et des femmes 2018.

Dans un message d’ouverture transmis en vidéo, les mots de la Directrice générale de l’UNESCO ont résonné dans la salle : « L’éducation des filles est un droit fondamental ; c’est aussi un puissant levier du développement. L’éducation des filles est à l’intersection de deux des plus importants défis de notre temps : l’éducation et l’égalité des sexes ». Elle a ensuite transmis symboliquement son rôle de Directrice générale à Kadiatou, qui a consacré une grande partie de sa jeune vie à lutter pour le droit à l’éducation des filles et contre les mariages précoces.

Kadiatou s’est exprimée avec passion sur le pouvoir et le potentiel des jeunes filles. « Nous devons briser la chaîne de l’inégalité, afin que les filles puissent décider par elles-mêmes de la vie qu’elles veulent mener » a-t-elle déclaré. « Si j’étais vraiment la Directrice générale de l’UNESCO, j’irais à la rencontre des filles auxquelles il est difficile d’accéder, dans les zones rurales, et je leur offrirais l’espoir de changement. » Regardez le Facebook Live avec Kadiatou (en français).

La voix des jeunes

Les jeunes participants à la table ronde ont débattu de thèmes allant de l’importance d’avoir des mères et des communautés à l’écoute, au rôle des garçons et des hommes, à l’importance des investissements ciblés, aux partenariats et aux actions politiques.

Sakshi, une jeune Indienne de 19 ans, la plus jeune de la table ronde, souhaite devenir responsable commerciale. « Mon père ne soutenait pas mes études. Il ne voulait pas que je quitte la maison pour étudier, mais ma mère l’a convaincu que ma vie serait meilleure si je le faisais » a-t-elle dit à l’auditoire. Sakshi a suivi le programme Saksham qui offre une formation professionnelle et un accès à l’emploi. « Mon message aux filles, c’est de ne pas laisser les autres décider à leur place. »

Ibrahima, 23 ans, diplômé en droit et en science politique, a évoqué l’importance d’impliquer les garçons. « Je me suis engagé dans la cause des droits des enfants parce que dans ma propre famille, les filles et les garçons ont bénéficié des mêmes chances » a-t-il dit.

Des récits personnels de participants dans l’auditoire ont évoqué l’espoir que des événements comme celui-ci suscite chez toutes les femmes. « Grâce à l’éducation, les filles ne seront plus considérées comme des victimes, mais comme des acteurs du changement » a résumé Kadiatou. Elle était l’une des 1 000 filles à prendre le pouvoir symboliquement (#GirlsTakeover) dans le monde pour célébrer la Journée internationale de la fille.

Lauréats 2018

La cérémonie de remise du Prix UNESCO pour l’éducation des filles et des femmes a commencé après un bref interlude musical qui a permis à l’auditoire de se lever et chanter. Cette année, le Prix a récompensé la Fondation Misr El Kheir pour son travail en faveur de l’éducation des filles dans certains des villages les plus pauvres d’Égypte et le Centre pour les femmes de la Fondation jamaïcaine pour le soutien qu’il apporte aux adolescentes enceintes et aux mères adolescentes afin qu’elles bénéficient d’une seconde chance d’achever leurs études. Regardez le Facebook Live avec les lauréats.

La Sous-Directrice générale de l’UNESCO pour l’Éducation Stefania Giannini, remettant le Prix avec Xuejun Tian, Vice-Ministre de l’Éducation et Président de la Commission nationale de la République populaire de Chine pour l’UNESCO, a déclaré que les trois qualités essentielles pour l’avancement des filles étaient la connaissance, la confiance en soi et l’autonomisation.

Recevant le prix au nom du Centre pour les femmes de la Fondation jamaïcaine, Madame Olivia Grange, Ministre de la culture, du genre, du divertissement et des sports de Jamaïque a déclaré : « Ce Prix permettra à la Fondation d’améliorer sa plate-forme d’apprentissage virtuel destiné aux filles des zones rurales. »

« L’UNESCO a conduit les efforts entrepris à l’échelle mondiale pour promouvoir l’éducation et l’égalité des sexes, qui font partie de ses valeurs » a déclaré Mohamed Abdelrahman, représentant la Fondation Misr El Kheir. « Nous approuvons et partageons ces mêmes valeurs et nous continuerons, grâce à ce prix, à donner des ailes à nos filles pour qu’elles puissent voler et poursuivre leurs rêves. »

Le Prix UNESCO pour l’éducation des filles et des femmes récompense des contributions remarquables en faveur de l’éducation des filles et des femmes. Créé en 2015 et financé par le gouvernement de la République populaire de Chine, le Prix d’un montant de 50 000 dollars des États-Unis pour chaque lauréat est décerné chaque année à deux lauréats. Cette année a vu la troisième édition du Prix et la première cérémonie de remise organisée à l’UNESCO.

En dépit des progrès accomplis, les filles sont toujours plus nombreuses que les garçons à ne pas être scolarisées, l’Institut de statistique de l’UNESCO estimant que 16 millions de filles n’entreront jamais dans une classe et que les femmes représentent deux tiers des 750 millions d’adultes ne possédant pas les compétences d’alphabétisation de base.

Sources – Article publié sur le site de l’UNESCO le 16 Octobre 2018