Au jardin des Femmes d’Agnam Lidoubé, la sécheresse sahélienne s’installe début mars.

Le sol devient trop chaud pour cultiver (jusqu’à 70° C !)

Les légumes qui sont des plantes annuelles et non des plantes vivaces disparaissent et le sol du jardin redevient un sol de désert.

Durant 4 mois, chaque année, là où poussaient des légumes, il n’y a plus que du sable.

 

Les jardinières devront repartir de zéro au début de la saison des pluies.

 

On sait aujourd’hui qu’un jardin potager ne peut se pérenniser que dans un environnement de plantes vivaces,

en particulier dans un environnement d’arbres et de buissons.

 

Durant cette « contre-saison », il faudrait que le sol reste productif et protégé.

Pour cela, il faudrait planter des arbres, des buissons qui fassent de l’ombre, puisent l’eau en profondeur 

et maintiennent de l’humidité dans le sol avec leurs racines.

 

Cela s’appelle l’agroforesterie et c’est ce que nous allons faire.

C’est l’une des étapes de notreprojet Greffe de sol vivant.

 

Nous allons planter 4 rangées de 7 arbres fruitiers dans l’axe nord-sud pour que l’ombre qui se déplace d’ouest en est, couvre bien toute la surface durant la saison sèche.

Les arbres et les buissons des haies apporteront une continuité du vivant.

 

Ainsi le jardin ne redeviendra plus un désert chaque année et les nouveaux légumes démarrerons dans un sol moins sec et plus riche.

 

Les arbres seront fournis par l’Institut sénégalais de recherche agronomique (ISRA). 

Ils seront innoculés et mycorhizés pour que leurs racines contribuent à la vie micro-organique du sol.

 

L’irrigation quotidienne devra se faire durant environ deux à trois ans pour pérenniser les arbres et les buissons.

 

C’est donc un financement sur cette durée qui est nécessaire.